Le conflit Israël-Hamas a importé en France une peur de conflits inter-religieux. Les responsables religieux, en contact avec la jeunesse et les populations doivent-ils avoir le rôle de garde-fou et quel doit être la place de l'État ?
Depuis le 7 octobre dernier et l’attaque du Hamas contre l’État d’Israël, une hausse dans les actes antisémites a été perçue.
Des étoiles de David peintes sur des murs à des adresses où des français de confession juive résident - ARI KOUTS / X ©
Manon a publié sur Tiktok une vidéo montrant des jeunes entonner des chants antisémites - Tiktok ©
—> Des chants antisémites entendus dans le métro - BFM TV
Pour essayer d’endiguer ces actes et appeler au dialogue inter-religieux, les différentes personnalités représentants les cultes français ont été reçues par Emmanuel Macron à l’Élysée ce lundi.
Chems-Eddine Hafiz et Haïm Korsia - respectivement recteur de la Grande Mosquée de Paris et grand rabbin de France - LUDOVIC MARIN / AFP ©
Ainsi, à partir de cette date là, la France ne reconnaît plus la religion catholique comme religion d’État et l’Église perd son pouvoir d’influence.
L’éducation religieuse n’est alors plus du ressort de l’État et la République Française ne finance plus aucun culte.
Seulement, pour s’assurer que ces cultes ne nuisent pas à l’ordre républicain la loi prévoit une “police des cultes”. Depuis, la loi du 24 août 2021 dite '“loi Séparatisme”, les préfets peuvent aussi fermer un lieu de culte lorsque y sont tenus des propos, diffusées des idées ou des théories ou exercées des activités qui provoquent à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes ou tendent à justifier ou à encourager cette haine ou cette violence.
Voici les institutions qui représentent les différents religions et avec lesquelles l’État discute :
la Conférence des évêques de France pour l'Église catholique ;
le Consistoire israélite de Paris, constitué de l’ensemble des associations cultuelles israélites et qui est l’organisme représentatif du judaïsme et élit le grand rabbin de France ;
la Fédération protestante de France créée en 1905 et qui représente le protestantisme français ;
l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, instance officielle de l’épiscopat orthodoxe canonique en France ;
l'Union bouddhiste de France, créée en 1986 et qui est l'interlocuteur représentatif du bouddhisme auprès des pouvoirs publics.
L'organisation du culte musulman est plus récente. Avec le renforcement de la présence de l’islam en France, la question de la représentation de la communauté musulmane s’est rapidement posée. L’islam est, en effet, une religion qui se caractérise par la présence de nombreux courants de pensée et par l’absence d’une hiérarchie unifiée. En outre, l’islam était absent du régime concordataire avant 1905 et aucune institution n’a été créée par les représentants de ce culte pour organiser ses relations avec l’État. Dès les années 1990, les pouvoirs publics, n’ayant pas d’interlocuteur pour la religion musulmane, deuxième religion du pays, ont cherché à organiser l’islam de France. En 1990, le Conseil de réflexion sur l’islam en France (CORIF) voit le jour sous l’impulsion de la Mosquée de Paris mais de nombreuses organisations musulmanes ont considéré qu’elles n’étaient pas représentées dans le Conseil.
Pour y pallier, le ministère de l'intérieur a lancé en février 2022 le Forum de l'islam de France (FORIF). Il doit devenir un lieu de dialogue avec l'État, tant au niveau départemental qu'au niveau national sur des sujets identifiés. Le FORIF n’empêche pas l’existence d’associations nationales qui sont des interlocuteurs des pouvoirs publics, mais qui n’en ont pas le monopole.
Je n’ai pas de leçon à recevoir de lutte contre l’antisémitisme. La Mosquée de Paris a toujours été de manière extrêmement active dans la lutte contre l’antisémitisme
Chems-Eddine Hafiz dans Le Monde
Le Monde ©
Quand des enfants de 11 ans crient leur haine des juifs dans le métro parisien, il y a un problème d’éducation qu’il faut vite corriger avec beaucoup de fermeté
Gérald Darmanin dans Le Parisien
Sipa/Jacques Witt ©
[Il faut] un « enseignement positif » des religions à l’école et lutter contre « les clichés sur la religion, et pas seulement la religion juive »
Ludovic Mendes, député Renaissance pour LCP
RL/Hugo AZMANI ©
Au Crayon nous avons reçu plusieurs personnalités qui ont exprimé leur points de vue sur le rôle que devait avoir les responsables religieux ainsi que l’État sur les citoyens.
Ici sur le rôle de l’État par rapport à la religion
Ici, le regard des religieux sur les actions de la jeunesse
Ici sur les pistes pour que les religions travaillent ensemble
Nous avons reçu Hanna Assouline au lendemain des attaques du 7 octobre 2023. Un entretien à retrouver en podcast sur toutes les plateformes.
Rédacteur en chef : Antonin Marin
Rédactrice en chef-adjointe : Mathilde Bottazzi
Journaliste : Marianne Robin