La Première ministre Elisabeth Borne a présenté sa démission à Emmanuel Macron ce lundi après quasiment 1 an et 8 mois en poste. Gabriel Attal a été choisi pour lui succéder à Matignon.
Au lendemain de la démission d’Elisabeth Borne, Emmanuel Macron a choisi Gabriel Attal pour lui succéder à Matignon. Ancien porte-parole du gouvernement, ministre des Comptes publics puis de l'Education nationale, il devient à 34 ans le plus jeune Premier ministre de la Ve République. Gabriel Attal entre en fonction avec une première mission : former un nouveau gouvernement sous le signe du « réarmement » encouragé par le chef de l'Etat lors de ses vœux du Nouvel An.
Lors de la passation de pouvoirs à Matignon, le nouveau Premier ministre a déclaré : « J’emmène avec moi ici, à Matignon, la cause de l’école ». Il a fixé « trois axes majeurs » pour son action : « la priorité donnée au travail », « la libération de notre économie » et l’action « pour notre jeunesse ».
Qu’est-ce qu’un remaniement ?
Un remaniement est une modification de la composition d’un gouvernement, impliquant souvent le changement de ministres, la création de nouveaux portefeuilles ministériels ou la redéfinition de certains d’entre eux. Cette pratique, courante dans les régimes parlementaires, est régie par l’article 8 de la Constitution, qui prévoit que le président de la République « nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions » sur « proposition du Premier ministre ».
Qu’est-ce qui justifie qu’un remaniement soit mis en place ?
Dans certains cas, un remaniement conduit à de nettes améliorations dans la gouvernance, notamment avec des ministres mieux alignés sur les priorités du gouvernement. Dans d’autres, les changements peuvent donner l’impression de renouveau sans modifier fondamentalement la direction politique.
Le débat
Des élus de l’opposition - tels que le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure - des représentants de La France insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot - ont d’ores et déjà demandé à ce que le nouveau Premier ministre, Gabriel Attal, sollicite le vote de confiance des parlementaires, au risque de déposer une motion de censure si cette tradition, non-obligatoire, n’est pas respectée. Le parti présidentiel n’ayant pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, on peut envisager un refus de la part de Gabriel Attal de se soumettre à ce vote de confiance.
Un nouveau défi est en jeu pour le nouveau Premier ministre : retrouver la confiance des Français afin de reconquérir, d’ici aux européennes de juin et au-delà, un électorat découragé, parti dans l’abstention ou au RN.
Selon le président des Républicains au Sénat Bruno Retailleau, peu importe le casting, « le premier ministre s’appelle Emmanuel Macron » coupable d’avoir « aboli la fonction de premier ministre ». Une déclaration en accord avec les considérations récemment émises d’un Président omnipotent.
En dix-huit mois, Elisabeth Borne a recouru 23 fois à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire adopter un texte sans vote, en engageant la responsabilité du gouvernement. Elle a par ailleurs fait voter une soixantaine de textes dont la loi plein-emploi sur l’assurance-chômage, l’adoption de la réforme des retraites et le projet de loi sur l’immigration.
Gabriel Attal oscille entre 23% et 30% d'opinions favorables.
37% des français pense que Gabriel Attal fera un bon premier ministre.
Loïc Signor
« Elisabeth Borne a mené un travail riche depuis 2017. Elle est la mère de très nombreuses réformes, courageuses, difficiles », a salué le porte-parole de Renaissance, Loïc Signor, au micro des « 4 vérités » sur France 2. Mais il faut aussi « parfois savoir changer », a-t-il ajouté.
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