Un mois sans boire d’alcool c’est possible ?

À chaque nouvelle année, ses nouvelles résolutions. 2024 débute avec le « Dry January », le mois sans alcool. L’occasion pour certains français de faire une pause dans leur consommation et de prendre soin de leur santé. Selon un sondage IFOP (2023) 33% des Français envisagent de participer au Dry January. Vous en faites partie ?

LES FAITS

Lancé en 2013 par l’organisation Alcohol Change UK, le Dry January concerne tout le monde. Il ne s’adresse pas seulement à celles et ceux qui ont des problèmes avec l’alcool mais à quiconque voudrait faire une pause dans sa consommation et revoir sa relation à l’alcool.

Contrairement au Mois sans Tabac, le but final n'est pas de réussir à arrêter définitivement l'alcool, mais à faire le point sur sa consommation pour mieux la maîtriser ensuite.

L’objectif n’est pas d’éveiller la culpabilité chez les amateurs d’alcool mais de les pousser dans lapoursuite d’un défi qui, une fois relevé, génère des bienfaits sur notre santé, selon les médecins.

ÇA POSE QUESTION

Qui sont les plus gros consommateurs d’alcool ?

Sur les 10 pays qui boivent le plus au monde, neuf sont situés dans l'Union européenne (UE), avec une tendance dominante dans chaque pays : les hommes consomment plus que les femmes. Ainsi, en moyenne, 13 % des hommes boivent quotidiennement, contre 4,1 % des femmes.

Consommation totale d'alcool par habitant chez les adultes (litres d'alcool pur) dans l'UE, 2019Consommation totale d'alcool par habitant chez les adultes (litres d'alcool pur) dans l'UE, 2019

L’alcoolisme mondain

L’alcoolisme mondain - qui consiste à boire de manière quasi automatique à l’occasion de sorties ou d’événements - peut être piège. En effet, son caractère « occasionnel » peut devenir habituel sans qu’on s’en rende compte. Pour autant, lorsque le Dry January arrive, l’abstinence peut apparaître plus complexe que ce qu’on ne pensait…

En janvier 2019, le ministre de l'Agriculture et de l'alimentation, Didier Guillaume, déclarait au micro de Jean-Jacques Bourdin que : « Le vin n'est pas un alcool comme un autre ». Il ajoutait n'avoir jamais vu «un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-Rhône». Des propos qui avaient déclenché la colère des spécialistes de l'addiction.

La consommation d'alcool : un désengagement du gouvernement ?

En 2020, l’annulation d’une campagne prévue pour le mois de janvier baptisée « Mois sans alcool » avait interpelé. Selon une enquête de France Télévisions, il s’avère qu'elle avait été annulée par le chef de l'Etat lui-même à la suite d'un de ses déplacements en Champagne. (pas essentiel mais bien pour montrer qu'il y a déjà eu des antécédents)

Cette année (encore), malgré la demande formulée début décembre par une cinquantaine d’addictologues, le gouvernement refuse d’accompagner le défi du Dry January. Selon le Guardian, ce manque d’engagement de l’Etat serait l’œuvre des lobbies des alcooliers, notamment celui du vin. Par ailleurs, selon une enquête de la cellule investigation de Radio France, des messages explicites sur les dangers de l’alcool ont été retoqués par le ministère de la Santé. "C’est extrêmement inquiétant", réagit Myriam Savy de l’association Addictions France. Elle rappelle que "le coût social de l’alcool est de 102 milliards d’euros. On a l’impression que les intérêts économiques [de la filière alcool, NDLR] passent avant la santé de la population".

  • De 4 000 participants « officiels » en 2013, à 16 000 inscrits sur la plateforme Dry January en 2023, il y aurait cette année 17 millions de personnes qui envisageaient d'y participer dans le monde.

  • Les jeunes sont plus enclins à passer le mois de janvier sans alcool. En 2020, 35 % des 18-35 ans ont tenté l’expérience, contre 15 % des 35-49 ans et 8 % des plus de 50 ans. Le mouvement est également plus suivi par les femmes : elles constituent 58 % des participants.

  • Dans le détail, les volumes consommés le sont à 54 % sous forme de vins, à 23 % sous forme de bières et à 21 % sous forme de spiritueux. En tout, 25 % des Français consomment plus que ce qui est préconisé, soit plus de deux verres par jour et dix verres par semaine et plus de deux jours dans une semaine.

  • Sur les 34 pays de l’OCDE, la France occupe la 6ème place de ceux qui consomment le plus d’alcool.

  • Tous les ans, l’alcool est responsable de 40 000 morts évitables. Il représente la deuxième cause évitable de mortalité par cancer après le tabac.

  • Chaque année en Europe, chaque personne âgée de 15 ans et plus consomme en moyenne 9,5 litres d'alcool pur, ce qui équivaut à environ 190 litres de bière, 80 litres de vin ou 24 litres de spiritueux.

Aurélien Rousseau

Pour l'édition 2024, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau – qui a démissionné depuis – parlait des risques des abus d’alcool sur BFMTV à la mi-décembre. Il avait par ailleurs assuré qu'il serait lui-même "sobre" pendant cette période.

Michel Cymes

Pour vous accompagner dans ce défi, le docteur Michel Cymes préconise des « rituels alternatifs » pour remplacer les moments où on est le plus tenté de boire un verre d’alcool.

Marc Fesneau (ministre de l’Agriculture)

Il y a quelques mois, nous avions reçu 4 personnes victimes de l’alcoolisme.

Leur témoignage en suivant ce lien 👇

Sur la chaîne youtube

Notre dernier débat revient sur le rôle des médias et des journalistes : les médias sont-ils trop orientés ?

Cliquez ici pour regarder 👇

Sur nos réseaux sociaux

Selon-vous est-ce qu’on peut débattre avec tout le monde ?

Nos invités répondent 👇

Le meme de la semaine

Tous les vendredis, retrouver notre meme de la semaine, élaboré avec le compte instagram @memespolitiques


On espère que ce épisode de notre newsletter vous a plu, on se retrouve pour un nouveau débat la semaine prochaine !

Rédacteur en chef : Antonin Marin

Rédactrice en chef adjointe : Mathilde Bottazzi

Journalistes : Victoria Giami, Marianne Robin

Vous pouvez aussi nous suivre sur youtube, instagram, tiktok, facebook ou linkedin !

Le Crayon - Le débat de la semaine

Par Le Crayon

Les derniers articles publiés