Mort de Nahel, Jeux Olympiques ou la réforme des retraites. Voici les 5 actualités qui ont marqué 2023 et qui ont fait débat en France.
Le 27 juin dernier, Nahel, un adolescent de 17 ans, est tué par un policier après un refus d’obtempérer en voiture. Moins de deux heures après la mort de l’adolescent, les images de son contrôle routier sont diffusées . Elles montrent le policier tirant sur Nahel depuis le côté du véhicule qui redémarre, alors que des sources policières avaient d'abord affirmé que l'adolescent avait foncé sur les forces de l'ordre. La mort de Nahel déclenche une semaine d'émeutes à travers la France au début de l'été. Plus de 15 000 sinistres ont été recensés par les assurances, pour un coût total de 730 millions d'euros. Près de 3 500 jeunes ont été interpellés dont plus 1 200 condamnés à de la prison ferme. 700 policiers ont été blessés. Le policier mis en examen pour le meurtre de Nahel a été remis en liberté sous contrôle judiciaire après 4 mois et demi derrière les barreaux.
L’affaire ranime le débat sur les violences policières et le racisme dans la police comme en 2005 après la mort de Zyed et Bouna. Le 30 juin, soit trois jours après la mort de Nahel, Les Nations Unies demandent à la France de se pencher "sérieusement" sur les problèmes de racisme et de discrimination raciale au sein de ses forces de l'ordre.
Elisabeth Borne, première ministre, prévient de son côté, le 26 octobre, par une annonce qui concerne les émeutiers, qu’elle envisage un "encadrement des délinquants", souvent mineurs, par des militaires et des "stages de responsabilité parentale" ou des peines de travaux d'intérêt général pour leurs parents.
Deux cagnottes vont aussi s’opposer : une première cagnotte créée par Jean Messiha pour soutenir le policier et sa famille (qui récoltera plus d’1M€) et une seconde cagnotte qui aura pour but de soutenir la famille de Nahel (qui récoltera un peu moins de 500 000€). La somme récoltée de la première cagnotte fait scandale et son auteur sera convoqué devant la justice.
Kylian Mbappé, footballeur français
Le président de la République Emmanuel Macron évoque « l'émotion de la Nation tout entière ».
« La police (…) s’engage pour vous protéger, nous protéger et servir la République. (…) (BFM TV, 28/06/2023)
Emmanuel Macron, président de la République française
« La justice doit être faite, la vérité doit être dite pour tout le monde, la famille, la police. Il n’y a pas deux poids deux mesures » (Le Parisien, 28/06/2023)
Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur
Le 7 octobre 2023, les forces du Hamas lancent une attaque surprise sur Israël. 250 otages et corps sont emmenés le 7 octobre dans la bande de Gaza le jour de l’attaque. A ce jour, 110 d’entre-eux ont été libérés : 105 pendant la trêve de sept jours fin novembre, cinq avant la trêve. 135 sont toujours retenus par le Hamas et ses alliés. « Le Hamas a utilisé le viol et la violence sexuelle comme des armes de guerre », a affirmé début décembre l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, Gilad Erdan. 41 français y ont perdu la vie.
Les forces israéliennes vont répliquer très rapidement et vont bombarder la bande de Gaza en représailles et dans le but de combattre le Hamas. Depuis le 7 octobre, ce serait plus de 11 000 civils palestiniens qui auraient été victimes de l’armée israélienne.
Depuis, les actes antisémites se multiplient en France. Moins d’un mois après les massacres du 7 octobre, plus de 1000 actes antisémites (injures, menaces, violences contre des membres de la communauté juive) ont été enregistrés, soit deux fois plus qu’au cours de toute l’année 2022.
L’attaque du 7 octobre a fortement divisé. Notamment dans la classe politique. Si la condamnation des attaques était unanime, seule La France Insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon se sont refusés de qualifier les responsables de l’attaque, le Hamas, comme une organisation terroriste.
En France plusieurs manifestations ont eu lieu en hommage aux victimes du 7 octobre et pour lutter contre l’antisémitisme. Mais aussi, dans un premier temps interdites, plusieurs manifestations ont eu lieu pour soutenir “le peuple palestinien”.
Ces attaques ont donc profondément divisé la France entre ceux qui condamnent des “actes terroristes” commis par le Hamas et ceux qui considèrent Israël comme un “régime d’apartheid” responsable de crimes de guerre.
“(...) La foire mondiale de l’antisémitisme qui a ouvert ses portes dès le 7 octobre au soir. C’est d’ailleurs tout l’avantage d’un pogrom réalisé sur le sol israélien contre des israéliens, c’est de permettre à la fanfare nauséabonde de commencer à jouer sans même prendre le temps d’un détour compassionnel à l’égard des victimes vu que… Il s’agit des juifs !” (France Inter, 06/11/2023)
Sophia Aram, humoriste et comédienne
Mathilde Panot reprend les propos d’Hubert Védrine et préfère parler de guerre plutôt que d’actes terroristes.
Le 10 janvier, la Première ministre Elisabeth Borne présente une nouvelle réforme des retraites. La réforme vise à « ramener le système à l'équilibre » d'ici à 2030 en reculant l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Cette décision entraîne de nombreuses manifestations dont 3 réunissent plus d’1,2 million de personnes selon la police. Le 15 avril, malgré une forte opposition, la réforme est définitivement adoptée par le recours à plusieurs procédures parlementaires permettant un "passage en force", dont l’article 49.3 de la Constitution qui permet à l’exécutif d’adopter une loi sans la faire voter par les députés.
Les partisans de la réforme des retraites en France en 2023 ont principalement avancé des arguments économiques et démographiques. Ils ont soutenu le fait que la réforme était nécessaire pour assurer la pérenité financière du système de retraite face au vieillissement de la population et à l'augmentation de l'espérance de vie. De l'autre côté, les opposants ont critiqué la réforme pour son impact sur les travailleurs, en particulier ceux ayant des carrières longues ou exerçant des métiers pénibles. Ils estimaient que la réforme augmenterait les inégalités et ne tenait pas compte des réalités du marché du travail.
Une réforme “injuste” et “inefficace”.
C’est ce que défendent 300 stars qui ont signée la tribune dont Jonathan Cohen, Camille Cottin, Audrey Fleurot, Michel Hazanavicius, Juliette Binoche, Camélia Jordana, Philippe Katerine, Cédric Klapisch...
La déclaration d’Élisabeth Borne à l’Assemblée nationale lors de l’annonce du 49.3
Dominique Bernard, professeur de lettres de 57 ans au collège-lycée Gambetta d’Arras (Pas-de-Calais), a été mortellement poignardé vendredi 13 octobre devant son établissement scolaire. L’assaillant, Mohammed Mogouchkov, un ancien élève du lycée qui a crié "Allah Akbar" pendant l’attaque, a également blessé trois autres personnes avant d’être interpellé par les forces de l’ordre. Ce Tchétchène originaire d’Ingouchie, en Russie, est arrivé en France en 2008. Il était fiché S, placé sur écoute et faisait l’objet de surveillances physiques de la DGSI. Après le drame, Emmanuel Macron a dénoncé "la barbarie du terrorisme islamiste". Dominique Bernard est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.
Trois ans après l'assassinat de Samuel Paty et huit mois après le décès d'Agnès Lassalle, professeure d'espagnol mortellement poignardée en plein cours à Saint-Jean-de-Luz par l'un de ses élèves, la mort de Dominique Bernard bouleverse la France entière. Dominique Bernard et Samuel Paty symbolisent ces enseignants qui ont initié leurs élèves à la pratique du débat argumenté, du libre examen, et à la découverte du bonheur de lire et de s’exprimer dans le respect et l’écoute. Le ministre de l'Education Gabriel Attal a décompté 605 sanctions, dont 85 exclusions définitives de l'établissement scolaire prononcées lors de conseils de discipline après les incidents qui ont émaillé les hommages aux professeurs Dominique Bernard tué à Arras et à Samuel Paty mi-octobre.
Mais c’est aussi et surtout la sécurité dans les établissements scolaires français qui a été remis en question. Comment un individu qui ne faisait pas partie de l’équipe pédagogique et ne travaillant pas pour le lycée a pu pénétrer sur les lieux ?
A la radio, à la télé, ou sur les réseaux sociaux, des personnalités de tous horizons ont exprimé leur soutien à Dominique Bernard. Parmi elles, Natacha Polony, Richard Malka, Christian Estrosi, Jean Lassalle, Autre Atika, Joann Sfar.
La XXXIIIe Olympiade des Jeux se tiendra à Paris du 26 juillet au 11 août 2024. Paris 2024 casse les codes de la compétition sportive puisque, pour la première fois des Jeux Olympiques d’été, la cérémonie d’ouverture se déroulera hors stade. La ville deviendra un véritable décor vivant, les différents tableaux d’un spectacle total mettront en scène les monuments, ponts et établissements culturels qui bordent la Seine. Grâce au dispositif mis en place, au moins 600 000 spectateurs sont conviés à la fête sur les quais et ponts de Paris, soit dix fois plus que dans un stade en configuration olympique. Sur les 7,2 millions de billets d’ores et déjà vendus, 5,4 millions l’ont été au grand public (45 % de femmes et 53 % d’hommes.) Près des deux tiers ont été achetés depuis la France (20 minutes sport, 09/10/2023).
Les JO de 2024 auront un coût… Exorbitant du côté des logements. En effet, une étude d'UFC-Que Choisir révèle les prix des hôtels en juillet prochain. Pour une nuit d’hôtel, le prix moyen une semaine avant les JO est 317€ tandis qu’il s'élève à 1033€ pendant les JO (Libération, 27/12/2023).
Le prix des tickets de métro va passer de 2,10€ à 4€ pendant la période des JO a annoncé la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. Une hausse des prix qui fait débat mais qui se justifie par l’arrivée attendue d’énormément de touristes.
La construction d’une nouvelle tour en aluminium pour les épreuves de Surf en Polynésie française a divisé : fallait-il en construire une nouvelle aux normes quitte à dégrader l’environnement naturel ou garder l’ancienne tour en bois et ne pas heurter les écosystèmes ?
Toute l’équipe du Crayon vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année !
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Rédacteur en chef : Antonin Marin
Rédactrice en chef adjointe : Mathilde Bottazzi
Journaliste : Victoria Giami
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