Dans la nuit de samedi à dimanche, un jeune Drômois de 16 ans s'est fait poignardé. Il finira par mourir des suites de ses blessures. Un jour plus tôt, Mourad, un jardinier, se fait agresser au cutter après avoir été traité de "sale bougnoule". Deux fait-divers récupérés chacun par des classes politiques différentes.
Mort de Thomas à Crépol
Dans la nuit de samedi à dimanche 19 novembre, une bagarre a éclaté devant la salle des fêtes de Crépol, une petite commune de la Drôme. Le bal battait son plein et 300 à 400 personnes y participaient. Mais, vers 1h30 du matin, à la fin du bal, la soirée a tourné au cauchemar quand une dizaine de jeunes sont arrivés. Ils ont tenté de pénétrer dans la salle et, devant le refus des vigiles de les laisser passer, en ont agressé un. Ils ont ensuite sorti des "couteaux" et une bagarre très violente a éclaté avec un autre groupe de jeunes, présents dans la salle et venus soutenir les vigiles.
Un adolescent de 16 ans, Thomas, touché par des coups de couteau, ne survivra pas à ses blessures et meurt pendant son transfert en ambulance à l'hôpital de Lyon.
Très rapidement, les réseaux de droite et d’extrême-droite se mobilisent pour dénoncer le traitement de l’affaire médiatique. Plusieurs brèves, dans des médias traditionnels signalent la mort de Thomas à l’issue d’une “rixe”, ce que conteste les militants et responsables politiques préférant parler de “sauvagerie” et d’attaque “barbare”. Pour eux il y aurait un deux-poids deux-mesures dans le traitement de certaines affaires, s’indignant qu’on s’émeuve lorsque Nahel est assassiné mais pas lorsque Lola ou Thomas l’est.
Thomas, 16 ans (à droite sur la photo) est mort après avoir été poignardé, à la fin d'un bal de village à Crépol, dans le nord de la Drôme © Maxppp - Stéphane Marc
Agression de Mourad à Villecresnes
Vendredi dernier, Mourad et deux de ses collègues sont surpris par des coups de klaxon en provenance de l’impasse devant laquelle ils travaillent. Ils sont en train de ramasser les branche d’un arbre qu’ils viennent de couper.
"Oh ! C’est chez moi les bourricots", "Les bougnoules ! Je suis chez moi, alors tu dégages !", vocifère l'individu qui venait de klaxonner. Des insultes qu'on peut entendre sur des images de vidéosurveillance publiées par Mediapart.
Le suspect retourne alors vers sa voiture et récupère un cutter. Il crie : "Je suis chez moi ici", lame à la main. Après une première tentative infructueuse, un second coup porté par l'individu entaille la gorge du jardinier sur environ dix centimètres d'après une source policière.
Très rapidement les réseaux de gauche et d’extrême-gauche se mobilisent pour dénoncer un “crime raciste” et “arabophobe”. Cette agression serait le “résultat du laisser-aller raciste de la sphère publique” pour Jean-Luc Mélenchon. Pour eux, il y a une invisibilisation des crimes racistes dans notre société.
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